One shot 17. An experiment: Nothing 's like before.

One shot 17. An experiment: Nothing 's like before.
An experiment. Nothing's like before

Cette expérience était d'une ampleur mondiale. Elle dépassait les frontières. Elle mettait en ½uvre la mobilisation et la participation de millions de personnes. Tous étaient concernés. Tous avaient été mis au courant. Tous ... sauf un. Et c'est là que résidait la réussite de l'expérience. Arriver à lui faire croire, à lui faire gober ce mensonge gros comme le monde. Et si l'on y parvenait, le pari serait remporté haut la main. Jamais une entreprise d'une telle ampleur fut imaginée. Et maintenant, aujourd'hui, le monde, son monde allait changer du tout au tout. La blague du siècle, comme certains disaient.


Il se réveilla à 14H00 passé. Comme d'habitude. Il s'étira dans son lit et laissa échapper un long bâillement. C'est que cette nuit lui fut bénéfique et réparatrice. Hier soir, il s'était couché, épuisé. Le cumul des concerts, des soirées, interviews et photo shoots avaient pris raisons sur son corps frêle et élancé. Il lui faudrait plus d'une nuit pour récupérer, bien sûr, mais il se sentait de nouveau d'attaque pour cette journée qui promettait, comme toutes les autres, d'être chargée. Il ne savait pas encore à quel point, elle serait éprouvante, cette journée.
Il voulut se diriger vers la salle de bain de la suite, lorsqu'il se rendit compte qu'il était dans sa chambre. Pas dans une chambre d'hôtel. Non... mais bien sa chambre personnelle. Sa chambre d'adolescent. Cela faisait longtemps qu'il n'y dormait plus. Il avait, avec son frère jumeau, un appartement et rarement ils revenaient à la maison de leurs parents. Et ils n'y dormaient que lorsque la soirée était fort avancée et Tom bien trop épuisé pour prendre la route.

C'est à ce moment alors que Bill se posa la première question de sa longue journée. Pourquoi était-il dans sa chambre ? Vint ensuite la seconde : Quand était-il arrivé chez lui ? Et ainsi de suite. Toute sortes de questions trottèrent dans sa tête. Et puis... qui avait refait la décoration dans sa chambre ? Il y a des années qu'elle n'était plus ainsi.

Il décida qu'une douche lui fera le plus grand bien. Il ne s'était pas trompé. La douche l'apaisa et lui rafraîchît la mémoire plus clairement. Il se souvint alors, qu'hier il se trouvait à Berlin avec le groupe. La soirée avait été arrosée, mais Bill se souvint avoir exprimé à son frère le désir de retourner chez eux quelques temps. Tom lui avait répondu bien sérieusement de ne pas s'en faire, que bientôt, plus vite qu'il ne pouvait l'espérer, ils seraient chez eux. Comme avant. Bill n'avait pas compris, et n'avait pas cherché à comprendre vu son état bien éméché.

Sa douche terminée, Bill sortit de la salle de bain, retourna dans sa chambre et voulut s'habiller. Mais où était passée sa valise de bijoux ? Il ne s'habillait qu'en fonction des bijoux qu'il avait choisis... Ne voulant pas s'énerver de si grand matin –rappelons le, il est sans doute 14H30 mais voilà que ce n'est que le matin pour celui qui se réveille à cette heure là- Bill décida de laisser tomber pour aujourd'hui les bijoux. Sans doute avait-il laissé sa valise dans le hall d'entrée. A nouveau, il se posa la question du quand avait-il bien pu prendre ses valises pour revenir à la maison....
Il ouvrit son armoire pour choisir sa tenue et faillit crier de stupeur. Où étaient donc passés ses vêtements ? Ce qu'il y avait dans cette armoire n'était pas ses vêtements. C'était des habits qui l'horrifiaient. Tout son contraire. Pas une once de goût pour la mode. Où avait-il laissé sa valise ? En bas elle aussi ? Avec sa valise de maquillage et accessoires ? Décidemment, quelle tête en l'air ! Il farfouilla dans son armoire à la recherche de vêtements potables et portables. Avait-il mis un jour toutes ces horreurs ? D'ailleurs, elles étaient à sa taille. Bien qu'il ait bien grandi depuis la dernière fois où il avait ouvert son armoire ici. Trop de questions...


Il lui faut son café. Bill ne sait pas réfléchir correctement le matin sans sa tasse de café. Qui donc sur terre est de parfaite composition et l'esprit clair aux petites heures suivants l'heure du réveil ?
Arrivé en bas, il ne vit pas ses valises. Bien, il les cherchera après sa tasse fumante de café.
Il fit son entrée dans la cuisine et vit sa mère en train de récurer la cuisinière. Elle cessa son activité dès l'arrivée de Bill et vint lui ébouriffer les cheveux en guise de bonjour.
-Hé bien Billou... Tu nous as fait une belle grasse matinée là !! Tu veux une tasse de café ou voudrais-tu manger le dîner ?
-Heu... un café s'il te plait maman...

Il regarda sa mère perplexe. N'était-elle pas étonnée ou simplement réjouie et donc extrêmement excitée de revoir ses enfants à la maison ? D'habitude, quand Tom et Bill revenaient à la maison, parfois pour une simple visite de courtoisie, Simone ne pouvait s'empêcher de serrer très fort ses enfants contre elle et ne les lâcher que lorsqu'ils commençaient à changer légèrement de couleur...
Et là... rien. Une question banale, que l'on poserait à son fils normalement, car habituée à ses longues nuits.
Bill prit place à table et laissa vagabonder son regard dans la cuisine.

-Il est où Tom, m'man ?
Simone revint avec une tasse de café en main et quelques biscuits qu'elle avait elle-même préparés.
-Il est allé jouer sur le terrain de basket avec Andréas, répondit-elle simplement.
Bill faillit s'étouffer avec le café brûlant. Tom ? Terrain de basket ? Mais surtout...
-Andréas ? Oh ! Pourquoi on ne m'a pas réveillé !! J'ai pleins de choses à lui dire ! Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas vu ! Et...
-Bill, voyons, vous vous êtes vus hier. Tu ne vas pas me dire que tu lui racontes tes rêves comme une jeune fille en pâmoison ? Et puis, il viendra pour le 16 heures avec Tom. Comme toujours.

Hier ? Hier ? Il n'était pas à Berlin hier ? Aurait-il dû voir Andréas hier ? Andréas serait-il venu à la soirée ? Bill aurait-il raté son meilleur ami de si près ? Non... il ne pensait pas. Et puis... comme toujours ? Cela faisait des années que Tom ne jouait plus au basket avec Andréas et qu'ils revenaient tous deux transpirants et affamés à 16h...
Bill avait le regard vague, perdu et sa mère le remarqua.
-Bill ? Ca va mon chéri ? Tu as l'air... déboussolé.
Elle avait l'air que les mères préoccupées abordent pour parler à leur enfant perturbé.
Bill ne voulait pas alarmer sa mère. Et puis, il ne voulait pas gâcher le sourire de sa mère.
-Je... Je dois voir Tom. Maintenant maman !
-Et alors Bill ? Tu n'as qu'à te rendre sur le terrain de jeu.

Bill ne répondit rien, sa bouche s'ouvrit en un O bien rond et ses yeux s'agrandirent sous la surprise de ce que venait dire sa mère.
-Tu veux sans doute que je t'y accompagne Bill ? Je suis sûre que cela fera rire tous tes amis ça, mais ça ne plairait pas à ton frère de voir votre vieille mère débarquer sur le terrain, si tu vois ce que je veux dire.
Avait-elle donc oublier que ses enfants étaient des stars ? Que Bill ne pouvait sortir sans sécurité au risque de se faire écraser par une foule de filles ? Sans oublier les groupies... Et puis... comment Tom était-il sorti d'ailleurs ? Et depuis quand les jumeaux avaient-ils des amis ? Ils n'avaient qu'Andréas...
-Je ... je peux sortir ? Demanda-t-il réellement troublé. Enfin je veux dire... je ne risque rien si je sors ?
C'était à sa mère de le regarder avec de gros yeux.

-Si tu regardes bien à gauche et à droite avant de traverser, que tu fais attention à ne pas glisser sur une peau de banane qui joncherait le sol, je ne vois pas ce qui pourrait t'arriver, Bill.
Bill jugea la situation. Puisqu'il avait atterrit chez lui du jour au lendemain, sans doute, n'y aurait-il personne dans la rue pour l'embêter. Et puis il était primordial à cet instant de parler à son frère. Histoire qu'il le rassure un peu. La journée était bien trop bizarre.
-Ok. Je vais sortir. Heu... Hésita-t-il dans le hall d'entrée.
-N'oublies pas ta veste et tes clés, Bill.
Normal. Normal. Pas de mise en alerte du genre ' Et cours très vite si jamais tu es envahi de groupies' ? C'est ... pas normal. C'est une situation... dont il n'était plus habitué.

Enfin, Bill sortit. Il scruta à plusieurs reprises les environs. On aurait dit un fugitif qui cherchait à s'enfuir sans se faire voir. Mais il n'était qu'un adolescent –majeur, certes – un adolescent qui allait se rendre sur un terrain de basket. Comme n'importe qui d'autre le ferait pour rejoindre son frère jumeau et ses amis.
Bill se mit en marche. Son regard scannait la rue entière. Il sursauta lorsqu'un passant le dépassa. Le passant le regarda étrangement avant de détourner simplement la tête. Depuis quand il n'attisait plus la curiosité des gens ?
Bill se souvenait très bien du terrain de basket. C'était un des lieux qu'il évitait précautionneusement avec son frère. Les grands méchants du collège les attendaient parfois là. Pour leur faire passer un mauvais quart d'heure. Enfin... C'était à Bill qu'ils s'en prenaient. Et c'était Tom qui venait délivrer son p'tit frère. Bill avait honte d'être faible. Mais fier d'avoir le meilleur grand frère que l'on puisse avoir.

Bill arriva enfin sur le terrain. Il vit son frère jouer avec leur meilleur ami, reconnaissable à sa chevelure blonde, et d'autres gars du quartier. Bill ne se souvenait pas d'avoir un jour fréquenté ces gens-là.
Bill pensait que Tom le soulagerait, mais en fait, l'attitude de Tom le troublait un peu. Tom avait l'air à l'aise. Comme si il avait grandit ici, dans ce quartier, et non pas sur scène, devant les caméras, micros et objectifs.
-Hey Bill !! Tu joues une partie ? 3 contre 3 ?
Bill fixa celui qui venait de lui adresser la parole. Il ne le connaissait pas. Il chercha alors dans sa mémoire un visage familier... mais rien ne vint.
-Hey Bill ! Ca ne va pas vieux ? Lui demanda un autre.
Bill se mit à paniquer.
-Tom... Tom... Viens un peu s'il te plait.
Sa voix se fit fluette. Et Tom, comme un grand frère protecteur, accourut tout de suite auprès de son frère.
-Qu'est ce qu'il y a Bill ? Murmura-t-il.
-Tom... C'est une blague ? Dis-moi... tout ça... c'est un rêve ?
-De quoi tu parles Bill ?

Tom était on ne peut plus sérieux. Et Bill complètement perdu.
-Tom... Ce n'est pas drôle. Je ne sais pas ce qui vous arrive à tous. Je ne sais pas pourquoi on est rentré. Mais on ne devrait pas être là. On a des interviews...
-Des interviews ? Bill ? Tu te prends pour qui ? C'est le week-end là. T'as trop bosser, moi je dis ! Tu attrapes la bosse des maths, et tu perds la boule. Des interviews !! On n'est pas des stars Bill. On est dans la vraie vie, là !
-Hein ? On... quoi ? Et Tokio Hotel alors ?
-Quoi Tokio ? Pourquoi tu me parles d'un hôtel au Japon p'tit frère ? C'est plus grave que je ne le pensais là...
-Tom... Je... comprends rien.
-Moi c'est toi que je ne comprends pas là.

Bill se prit une grosse gifle mentale. Depuis quand lui et son frère n'étaient plus sur la même longueur d'onde ?
-C'est qui ces gars-là Tom ?
-Attends, ne me dis pas que tu ne reconnais pas tes amis quand même ?
-Je... Andréas est notre meilleur ami.
-Bien. Et les autres aussi. Là c'est Mark, Peter et Mathias. Allez, je suis gentil, je ne vais pas leur dire que tu as oublié leurs noms. Tu risquerais de les vexer.
-Alors, Bill, tu la joues cette partie oui ou non ?
Demanda le dénommé Mathias.
Bill regarda le terrain, regarda Mathias, regarda le terrain et enfin regarda Tom. Les larmes menaçaient de couler d'un instant à l'autre. Tom le sentit et voulut rassurer Bill.
- Hé... ce n'est rien, ne t'en fais pas, Bill.
Bill commençait à voir trouble. Il valait mieux pour lui de rentrer chez lui.
-Je... je rentre, Tom. Le monde tourne plus rond. J'ne sais pas ce qui s'est passé cette nuit. Je vais rentrer, et je vais me réveiller. Je me réveillerai dans la suite du Ritz. J'irai te réveiller, et on ira ensemble avec Gustav et Georg en voiture au studio de Viva pour enregistrer...
-Bill ! Gustav et Georg... on ne les a plus vu depuis qu'on a 14 ans, Bill ! Ca c'est mal fini. Très mal. Et... si tu ne t'en souviens pas... je ne veux pas te rappeler ce souvenir.
-Qu'est ce qui est arrivé aux G's ?
-Bill. Rentre. Rentre à la maison. Préviens maman que je ne tarderai pas. Ca va aller Bill. Je suis là.

Bill retrouva là son grand frère. Et heureusement qu'il était toujours là lui. Son monde s'écroulait, s'émiettait, la seule chose qui le retenait encore, son attache était Tom. Une chose dont il ne pouvait douter. Son jumeau. Et pourtant...
Bill se retourna et sans un regard en arrière, il prit le chemin du retour.

Comme si sa mère avait vu le coup venir, elle ne vint pas l'accueillir dans le hall. Elle laissa Bill enlever sa veste sans un mot. Elle le laissa rejoindre sa chambre. Il avait besoin d'être seul. Mais aussi de réconfort. De savoir qu'il n'était pas devenu complètement fou.
Simone, elle, serrait dans sa main une feuille de papier. Sur cette feuille de papier était indiqué à la minute près ce qu'elle devait faire ou dire. Il était marqué l'emplacement des caméras – car l'expérience était filmée et ferait l'½uvre d'une télé-réalité plus tard – et il était surtout marqué en caractère gras et rouge : Le laisser désillusionner.
Simone se sentit coupable. Coupable de prendre partie dans cette mascarade. Mais il fallait l'avouer, l'idée était simplement originale et révolutionnaire. Et maintenant que la machine était lancée, qu'elle avait signé un contrat, plus rien ne pouvait arrêter l'expérience. Même pas les instincts d'une mère. Ni ceux d'un frère jumeau protecteur.

Dans sa chambre, Bill commençait à désillusionner. Il ne comprenait plus rien. Et si tout n'était qu'un rêve ? Non ce n'est pas possible... Il doit forcément y avoir une faille quelque part. Le monde est faux. Le monde d'aujourd'hui n'est plus le même que celui d'hier. Que celui que Bill a connu. Et aimé. Malgré les hauts et les bas, parfois.

Bill entreprit alors de faire des recherches. Tiens... il est passé où son portable ? Où sont donc passés ses effets personnels ? Tout ce qui aurait pu prouver à Bill qu'il fut un jour Bill Kaulitz le chanteur de Tokio Hotel avait disparu. Un hôtel au Japon. Quelle mauvaise blague son frère avait bien pu lui sortir. C'est le genre d'argument qui le foutait hors de lui.
Donc, Bill n'avait plus son PC portable. Le lieu où il stockait ses textes, des idées, des photos aussi. Ses manuscrits ? Il ne les avait pas non plus. Ils sont dans un sac, mais ce sac, comme ses valises et le reste ne sont pas dans cette maison.
-Maman ?? !!! Cria Bill depuis sa chambre.
-Oui, Bill ?
-Je peux aller sur internet ? Il se trouvait bien bête de demander la permission, lui qui n'avait plus rien à demander à personne...
-Bien sûr Bill. Et elle rajouta comme si elle se doutait qu'il ne savait pas où se trouvait l'ordinateur de la maison : Dans le bureau de Gordon. A côté de la chambre de Tom.
Bill remercia mentalement sa mère. Il ne voyait pas de raison de douter de sa mère. Après tout, pourquoi elle, sa mère, sa propre génétrice, irait lui mentir ?
Bill alluma l'ordinateur. Tiens, ce n'est plus le vieux ordinateur qui mettait une nuit à s'allumer. C'est un ordinateur portable. Beaucoup plus pratique pour travailler. Il alla sur son moteur de recherche favori et tapa : 'Tokio Hotel'. Il eut à peine le temps de se poser des questions que des annonces d'hôtels et de vols pour Tokyo apparurent.
Bill eut l'estomac qui se retourna. Mauvais départ sûrement. Il tapa alors dans le moteur : 'Tokio Hotel Bill Kaulitz'.... Rien. 'Bill Kaulitz > Image.'... Et rien. Si ce n'est une photo d'autruche. Et de vieux bonhommes ayant le bonheur de s'appeler Bill eux aussi.
Bill s'affaissa sur le siège. Etait-il possible qu'il ait rêvé tout ça ? Peut-on rêver une vie de 6 ans ? Rêver tous les jours de ces 6 ans en une nuit ? Ou alors peut-on être amnésique et continuer à vivre à côté ? Ici, personne n'a l'air de remarquer que quelque chose a changé. Lui seul s'est rendu compte. Lui seul s'est réveillé dans un monde qu'il croyait avoir abandonné. Ou est-ce le monde qui l'abandonne ?
Bill approfondit ses recherches, en tapant comme recherche tous les noms des personnes avec qui il avait travaillé, collaboré. Et rien. David Jost, leur manager, le manager de Tokio Hotel était manager d'un autre groupe célèbre partout 'The guinea pig' Mais pas un mot, pas une trace de Tokio Hotel. Bill abandonna là les recherches sur le net. Rien n'avait donné. Aucun blog, aucun forum, aucun article, rien ne mentionnait son existence à lui et au groupe. Un vide immense. -Un succès énorme pour l'expérience.-
Peut-être dans une revue ? Il se mit à la quête de toutes les revues de la maison. Il passa de la revue hebdomadaire, à la revue scientifique jusqu'aux revues spéciales recettes faciles.

Bill s'effondra alors sur son lit. C'était la seule chose concrète qui lui restait. Il était arrivé par malheur sur ce lit, ce matin. Il a dû se réveiller un peu trop tôt. Le monde n'a pas eu le temps de se remettre en route. Peut-être que s'il s'endormait, au réveil, le monde aura repris sa rotation normale. Ici, c'est comme si Bill avait atterri dans une autre dimension. Le genre de vie qu'il aurait eu sans le groupe Devilish et sans la montée fulgurante de Tokio Hotel.
Bill ferma fort les yeux, crispa ses doigts aux draps et attendit que le sommeil l'emmène vers la normalité. Sa normalité.
Mais rien ne vint. A part les larmes. Il se mit à pleurer. D'abord, il voulut taire ses larmes et ses geignements. Il était stupide. Fou pas vrai ? Ensuite, il ne sut plus se retenir. Les sanglots se firent plus convulsifs et bientôt Bill n'était plus qu'une chose tremblante et mouillée.

Le temps passa sans qu'il s'en rende compte, sans que ses larmes ne sèchent. Sans que quelque chose puisse l'apaiser.
Il sentit un poids s'affaisser au bout de son lit. Il ne releva pas la tête. Il ne cessa pas non plus ses pleurs. Mais rien qu'à l'odeur, il avait su qui était rentré. Au moins une chose dont il était certain. Où qu'il soit, il reconnaîtrait l'odeur de son frère entre mille. C'était son arôme préféré. Mais il se le gardait bien de le dire. Une caresse sur son dos tenta de l'apaiser.
-Shht. Bill. Je suis là.
Je suis là. Un titre d'une de ses chansons. Enfin... une de celles qu'il croyait avoir écrite un jour. Dans son autre monde.
Doucement, Bill se releva et alla se jeter dans les bras de son frère. Tom bascula un peu sur le coup mais resserra l'étreinte sur le corps mince de son double.
Plusieurs minutes passèrent ainsi. Et Bill aurait sans doute voulu que le monde s'arrête là. Peu importe quel monde. Le sien; l'imaginaire. Ou celui-ci; l'apparence réelle. Du moment qu'il était avec son frère. Rien d'autre ne comptait.
-Dis, Tom... Je suis quoi alors ?
Tom considéra la question de Bill avant de répondre.
-Tu es Bill Kaulitz, 19 ans. Mon frère. L'audace et la liberté que je ne suis pas.
-Non, Tom. Ca, je le sais. Enfin... Mais, je veux dire, dans la vie. Je fais quoi ? Ne me regardes pas, je t'en prie. Tu verrais un fou à la place de ton frère, mais guide-moi. Guide-moi sur ce chemin que j'ai perdu.
-Tu es un garçon très intelligent. Tu es entré dans une école de stylisme. Et en même temps, tu prends des cours d'économie pour pouvoir gérer ta propre affaire après. Tu as toujours été très entreprenant, et tu réussis tout ce que tu touches. Tu...
-Alors pourquoi j'ai raté cette vie ?

Tom déglutit difficilement.
-Tu n'as rien raté. Tu trouves ta vie ratée ? Bon sang, ouvre les yeux Bill. Tu as tout ce dont tu as toujours rêvé. Une famille qui t'aime. Des amis. Un avenir. Tu fais ce que tu aimes, Bill ! Tu crées tes propres vêtements ! Et puis... merci, tu prétends que je suis un échec. Ta vie est ratée selon toi. Moi, c'est toi ma vie. Alors... si moi je suis la tienne, désolée de m'être raté en cours de route, Billou.
-Non Tom ! Merci d'être là. Mais... tu ne penses pas que notre vie aurait pu être autre ?
Tu ne penses pas... qu'on aurait pu être célèbre un jour ? Parcourir les scènes de l'Europe entière ? Et conquérir l'Amérique ? Tom, tu te rends compte que... enfin... imagine toi plutôt. Toi, moi, Gustav et Georg, des stars. Dans le monde entier !! Je nous ai vu, Tom. Je sais que notre place n'est pas ici. J'suis pas narcissique, juste un peu réaliste, c'est pas notre vie ça Tom. On ne devrait pas être ici. On devrait être à Berlin. Puis partir pour Paris. Pour d'autres interviews et shootings. Tom... est-ce que j'ai perdu la tête ? Pourquoi rien ne semble avoir changé ici ? Seulement moi ? J'ai l'impression de débarquer sur la planète Mars.
Personne ne crie quand on sort. Personne ne me regarde. Personne... Tom... J'ai l'impression... de n'être rien. De ne rien avoir à faire ici. Ca ne peut pas être une amnésie...
Tom ne dit rien pendant plusieurs minutes. Il serra les poings.
-Bill... Maman avait raison. Ton cas s'est aggravé. Depuis quelques temps, tu nous fais une dépression. J'ai toujours cru que tu t'en sortirais... mais là... tu t'enfonces. Tu ne peux pas juste te contenter de vivre l'instant présent ? Maintenant ? Et oublier toutes tes illusions ?
-Vivre l'instant présent ? Vivre la seconde ?

Encore un de ses titres.

Tom était vraiment un bon acteur. Aussi dur que cela était pour lui de dire de tels mots à son frère, son protégé, il y parvenait Et Bill était déboussolé. Et gobait tout ce qu'on lui jetait à la figure.
-Bill, arrête de vivre dans ton monde à toi. Tu t'es crée un monde unique. Un monde qui te plaisait. Qui te convenait. Mais regarde ici, putain. On est avec Maman, on a des amis. Tu ne peux pas te vanter de toujours en avoir eu. Alors, arrête, tu veux. J'ai du mal à te suivre dans tes chutes.
Bill hocha de la tête. Il faisait du mal à son frère – du moins c'est ce qu'il croyait –. Il se promit intérieurement de ne plus jamais faire de mal à son frère. Mais cela, personne, ni les caméras, ni les scripts, ni les dirigeants de l'expérience ne l'avait prévu.
-Pardon, Tomi. Promis. Je vais arrêter.
Tom, décontenancé, et troublé par ses propres dires – mais néanmoins pas voulus, il ne choisissait pas ses mots, il suivait le script, comme tout le monde – serra un peu plus fort son frère contre lui. Il murmura alors dans son oreille :
-Je crois en toi.
Ce n'était pas dans le script. Mais peut-être que personne d'autre que Bill ne l'avait entendu. Cela ne faisait pas partie du jeu.
Mais Bill avait fermé son esprit. Il s'était résolu à tout arrêter. Cela non plus, ne faisait pas partie du script.


A vouloir changer une vie. A vouloir tester, mettre à l'épreuve une vie, on peut la perdre.
Tout avait été calculé. Tout. Une annonce a été lancée un jour à tous les internautes

« Participer à la plus grande expérience humaine jamais réalisée. Ayez un rôle dans ce monde. Faites de sa vie pleine de strass et de paillettes, une vie un peu plus terre à terre. Suivez jour après jour les pas d'une star dans la peau d'un adolescent normal qui n'a rien pour se vanter. » Telle était l'accroche. Ensuite, on prévint la population mondiale qu'un système informatique allait pirater le net le temps nécessaire à l'expérience. Que plus rien ne fonctionnerait normalement. Toutes les informations touchant de près ou de loin au domaine de Tokio Hotel disparaîtraient un moment de la circulation. Les chaînes de télévision n'en parleraient plus non plus. Tout serait contrôlé par l'organisation en charge de l'expérience.

La maison Kaulitz fut fouillée de fond en comble, tous les articles ou souvenirs du passé de Devilish et de Tokio Hotel mis sous clef dans une banque spécialement réquisitionnée à cet effet. La maison et le quartier de Bill furent truffés de mouchards et de caméras. Tout devait être mis en ½uvre pour épier la moindre de ses réactions – cela ne fut hélas pas suffisant –.

Il fut aisé de le transporter de Berlin à Magdebourg sans le réveiller. Une grosse fatigue et un médicament promettant un sommeil de mort. Tout fut préparé à l'avance. Tout était parfaitement calculé.
Les scripts, manuscrits furent écrits, rédigés et contrôlés. Tout devait créer l'illusion.

Le but : le désillusionner. Lui faire voir une autre vie. Bien sûr, ce ne fut pas toujours facile. Il y avait cette crainte permanente que quelqu'un lâche le morceau. Et là, l'affaire s'écroulerait. Mais tous les acteurs respectèrent leurs lignes, leurs rôles parfaitement. Peut-être, l'expérience était trop parfaite, trop bien pensée, trop bien calculée... et personne n'avait pas vu le coup de grâce s'annoncer. Peut-être avait-elle surestimée la force d'esprit qu'avait Bill. Peut-être aurait-elle dû assurer ses arrières, et ne pas aller si loin dans l'expérience. Mais une fois qu'on a pris goût au pouvoir, au délice de tout diriger et contrôler, on en perd le contrôle.

Et le geste fut inattendu. Personne ne savait à quoi s'attendre. C'était une grande première.
Mais vous, que feriez-vous en atterrissant dans un monde où l'on nie votre existence ? Où l'on vous fait passer pour fou. Où l'on vous dénigre, ridiculise. Vous deviendrez fous, vous aussi. Jusqu'à commettre l'acte irréparable. Atteindre la case où le retour en arrière n'est désormais plus possible.
Le cobaye, guinea pig en anglais, il ne survit pas à toutes les expériences. Il y en a qui lui portent préjudice, d'autres qui le tuent. Le cobaye ne s'en sort jamais comme avant.

Bill s'est donné la mort d'une façon tragique. Il a mis fin à sa vie. Sa vraie vie. La vie qu'il aurait pu continué par après. Il a mis fin à la vie de toute une génération. C'est à croire que lui aussi avec tout calculé.
Le lieu du crime : la salle de bain. Seule pièce qui ne contenait aucun mouchard ou caméra. Respect de la vie privée et intimité oblige...
Seule pièce également à disposer d'une clé. Qui ne se ferme et ne s'ouvre que de l'intérieur.
Seule pièce qui lui a offert son échappatoire. Même son frère jumeau – magnifique acteur – a réussi à le tromper.
Nous savons de source sûre que ce fût un acte délibéré et de désespoir. Bill Kaulitz, 19 ans, a cessé de respirer et de faire battre son c½ur en noyant ses poumons. Bill s'est en effet noyé. Il fût retrouvé habillé dans la baignoire. Il était trop tard. Tout avait été calculé. Tout. Mais c'était négligé sa personnalité et sensibilité.
Ce fut le coup de grâce qui mit fin à l'expérience.

Les conclusions que l'on peut en tirer ? Ne jouer pas avec la vie. Jamais. Le fil de la vie est trop précieux et fragile.
A jouer des sentiments, à tourner en bourrique les gens, on finit par perdre.
L'humanité, se prêtant au jeu, vient de se rendre coupable d'une perte énorme. Star ou pas, pauvre ou riche, savant ou moins savant, nous sommes tous égaux face à la mort. Personne ne survit. Mais chacun a le droit de vivre. Comme il le sent.

N'imposez de vie à personne .N'enlevez ce droit à personne. Même pas pour seulement tester, jouer. N'oubliez pas que dans la vie comme dans le jeu, il y a toujours un perdant. Ce perdant aurait bien pu être vous.




Hello =)
Comme chaque fin... je n'aime pas x(
C'est mal fini. Mal ficelé. J'arrive pas... à écrire ce que je voulais dire.
J'espère quand même, que ça vous a plu un p'tit peu ?

J'ai fini ma session d'examen là. J'ai une semaine de vacances. Je n'ai pas vraiment le temps d'écrire... Mais promis... je me mets au travail dès que je peux.=)
Bzou bzou à toutes et merci.

# Posted on Sunday, 18 January 2009 at 11:22 AM

One Shot 18. Finalement ça a du bon d'attendre

One Shot 18. Finalement ça a du bon d'attendre
One Shot 18. Finalement ça a du bon d'attendre.


Elle l'attendait calmement dans leur chambre. Seulement, elle n'était pas aussi calme que son air paisible le laissait paraître. Dans son for intérieur, elle était anxieuse. Terriblement anxieuse, voire même en colère. Elle se sentait trahie. Trompée. Elle ne le comprenait. Elle ne voulait pas y croire et pourtant, elle était prise de doutes. Et si c'était effectivement vrai ? Tout portait à croire que...
Elle lui faisait confiance. Mais, et si elle lui avait accordé sa confiance trop rapidement ?
Elle avait peur. Peur de s'être faite avoir. Peut de voir filer son bonheur construit petit à petit à ses côtés.
Et si c'était déjà fini ? Elle se demandait si elle n'aurait pas mieux fait de fermer les yeux et de ne pas s'intéresser d'un peu trop près à ces rumeurs.

Qu'est ce qu'elle s'était imaginée après tout ? Pensait-elle réellement qu'ils formaient un couple ? Et qu'ils seraient toujours ensemble plus tard? Quelle idée ! Quelle stupide et fâcheuse idée !
Jamais ils ne formeraient un couple normal. Il était bien trop demandé pour n'appartenir qu'à une seule. D'ailleurs, elle ne pensait pas vraiment le posséder. Elle n'était pas sûre de posséder le c½ur de ce jeune homme et elle était loin de pouvoir affirmer posséder son corps.

Bien qu'ils fussent ensemble depuis maintenant 7 mois, ils n'avaient jamais passé le stade des bisous et câlins intimes. Très intimes, parfois. Il s'arrêtait toujours avant de 'perdre le contrôle' comme il disait.
Il lui avait prétexté qu'il voulait être sur du bon moment pour le faire. Pas qu'il doutait de son amour, mais qu'il voulait rendre la chose unique, inoubliable. Pas seulement passer par cette fameuse case sex. Il voulait s'y attarder. Que ce soit le meilleur pour chacun des deux.

Elle, Sasha, ne voyait plus ça comme ça. Au départ, elle avait été touchée de l'intention de Tom ; de la préserver ainsi et de lui assurer que du bonheur. Maintenant, elle doutait de ses affirmations. Peut-être au fond, ne la désirait-il pas ? Du moins pas assez pour passer à l'acte.
Et donc, de fil en aiguille, se lassant de ne pas avoir de rapports sexuels, peut-être est- il allé voir ailleurs ? Peut-être, avait-il toujours été voir si l'herbe du voisin était plus verte ? Sasha cligna des yeux afin de faire disparaître les possibles larmes qui pourraient se montrer si elle continuait à suivre le flux de ses pensées. Elle tenta de se reprendre, mais en vain. Il fallait mettre au clair quelques-unes de ses interrogations.

Elle était donc, comme toujours dans la chambre d'hôtel de Tom, au nom de Kaulitz, évidemment. Comme toujours, elle avait été escortée depuis la voiture, qui s'était garée à l'arrière du bâtiment, par deux gardes membres de l'équipe VSD jusqu'à la chambre de Tom. Comme toujours, elle devait se cacher là, attendre l'arrivée de son bien-aimé, et n'ouvrir à personne. Sous aucun prétexte. Peut-être devait-elle sans doute rester enfermée avec le feu dans la chambre. Pour être sûre de ne se faire remarquer par personne.

L'union de Tom et de Sasha était fragile. Fragile dans le sens où si un jour, elle venait à être révélée au grand jour... Ce serait la fin pour tous les deux. Imaginez les gros titres des journaux à scandales : « Tom Kaulitz trompe ses fans ! Il n'est plus célibataire. » « Tom, le guitariste du groupe à sensations Tokio Hotel, n'est plus un c½ur à prendre. Il a trouvé amour auprès d'une jeune inconnue nommée Sasha... »... Non. Il avait été convenu que leur union serait acceptée au sein du groupe et de l'équipe de Tokio Hotel que si elle restait du domaine strictement privé. Et occasionnel. En effet, Sasha n'était pas autorisée à suivre le groupe et donc son petit ami, tout au long de leur tournée, promotion, etc. En résumé, ils ne se voyaient que de temps en temps, dans une chambre d'hôtel à Berlin. Elle était contrainte d'obéir à ces ordres là. Elle avait même été soumise à un contrat de confidentialité, comme quoi elle promettait de ne révéler à personne sa liaison avec le guitariste.

Elle fût offensée lorsqu'on lui demanda de signer. Comme si elle était intéressée par Tom pour sa célébrité. Comme si elle ne pensait vraiment qu'à se vanter de ses relations amoureuses à la presse et par extension à de millions de parfaits inconnus. Outrée, ça elle pouvait l'être. Sous contrat, et enfermée dans ces chambres pour parfois que quelques heures, elle s'estimait bafouée et largement trompée. Elle ne savait pas ce que Tom faisait en dehors de ce qu'il lui racontait. Elle avait choisi de ne pas s'intéresser à sa vie people. Elle ne lisait aucun magazine où il était susceptible de lire une de ces infos croustillantes de la vie des jumeaux. Elle ne surfait pas sur l'internet en quêtes de blogs ou de forums crées en leur honneur. Non. Elle se contentait des appels et messages de Tom. Elle lui faisait confiance. Peut-être un peu trop. Ou peut-être sa confiance en lui était fondée. Elle avait choisi de le croire, lui. Plutôt que les autres. Comme elle avait accepté de ne le voir que brièvement dans une chambre impersonnelle. Parce qu'elle lui avait confié son c½ur. A lui. Et que d'une manière inexplicable... elle ne voulait pas récupérer son c½ur. Elle était toute à lui. Elle l'aimait corps et âme. Alors, elle se taisait et se réjouissait de ses venues. Car c'était à ces moments-là qu'elle se sentait vivre et compter pour quelqu'un.

Il était 21h00, lorsque Sasha entendit un bruit de cliquetis. Elle leva son regard, le dirigea sur la porte et la fixa. Bientôt, elle le verra. Bientôt, ils seront à nouveau réunis. Mais elle voulait surtout lui parler franchement.
La porte s'ouvrit et c'est comme si les lumières de la pièce s'étaient éteintes pour que Tom soit une illumination aux yeux de Sasha. Elle ne voyait plus que lui. Lui et son sourire radieux. Lui et ses yeux malicieux et pétillants. Lui et ce piercing étincelant et tant appelant. Lui et ses dreads. Lui et ses bras. La chaleur de son corps contre le sien. Ses lèvres contre les siennes. N'y tenant plus face à ce désir, et les retrouvailles après une longue séparation, Sasha se leva d'un bond du fauteuil et s'élança vers Tom. Il ferma rapidement la porte derrière lui, et n'eut que le temps d'écarter les bras, que déjà son nez se plongea dans le doux nectar que dégageaient les cheveux de Sasha.

-Sasha ! Murmura-t-il.
Il la serra fort de ses bras minces contre lui. Il se recula ensuite légèrement mais seulement pour prendre possession de ses lèvres. Un baiser qui fût immédiatement passionné. Le temps et la distance y étant pour beaucoup dans ce baiser fougueux. Les mains de Tom se promenèrent sur le fin corps de sa compagne. Toutes les parties de son anatomie y passaient. Sa nuque, son dos, ses hanches, ses bras, ses avant-bras, ses mains, ses hanches à nouveau et enfin il se posa et s'attarda sur les fesses de la propriétaire. Un gémissement de la part de cette dernière fit sourire Tom dans le baiser. Le contact du piercing froid de son amant contre ses lèvres chaudes fit frémir Sasha. Lentement, le baiser se calma, il devint un baiser chaste pour finir en petits baisers papillons rassasiants que très peu le manque et le désir des lèvres de l'autre.
-Tu m'as manqué, murmurèrent-ils en même temps.
Ils se sourirent. De ce sourire à faire craquer le plus machiavélique des tortionnaires. Un sourire tendre, sincère, paisible, amoureux.

Tom prit délicatement la main de Sasha et l'entraîna vers le fauteuil. Il s'assit en s'assurant bien que Sasha s'installe confortablement sur ses genoux. Instantanément, elle se colla à lui. Besoin de contact. Besoin de chaleur. Besoin d'affection. Besoin l'un de l'autre. Il lui caressait affectueusement son avant bras, venant aussi apporter son lot de caresses à sa douce main lorsqu'il soupira.
-J'ai cru que cette journée ne s'arrêterait jamais... Elle l'embrassa sur le front, comme pour lui assurer que sa dure journée était terminée et qu'elle était là. Il continua alors : Savoir que je ne pourrai te voir qu'au soir. Penser à toi plus souvent qu'à l'ordinaire. Te vouloir plus que jamais... Et...
Elle ne le laissa pas finir. Elle lui coupa la parole en l'embrassant tendrement. Baiser tendre qui s'approfondit. Tom remua sur le fauteuil, renversa Sasha sur son côté. Celle-ci se retrouva allongée sur le fauteuil et très vite Tom la recouvra de son corps. Il parsema le visage de Sasha de milles baisers. Sasha fondit sous toutes ces attentions. Elle laissa échapper un soupir de bien être et montrait par là combien elle appréciait les lèvres et mains que Tom baladaient sur elle.
-Et, réussit-il à poursuivre entre quelques baisers, je ne voulais... rien d'autre... que toi. Et te serrer contre moi... Devant tout le monde même, rien d'extérieur ne m'aurait dérangé tant que toi... tu étais là. A ces mots, Sasha reprit peu à peu ses esprits. Le monde extérieur. Le monde qui ignorait ce que Tom faisait à l'instant même. Retrouver une petite amie officielle, officieusement.
Elle tenta de repousser légèrement Tom, mais il l'étouffa de milliers baisers à nouveau.
-Tom, ne put-elle s'empêcher de glousser.Tom, arrête ! Il s'arrêta net, décontenancé face au ton brusque et cassant que venait d'utiliser Sasha. Sa Sasha. Ses yeux étaient bien en face des siens et un voile passa dans le regard de Tom.
-Qu'est ce qu'il y a, Sash ? S'inquiéta-t-il.
Sasha prit une grande inspiration avant de prononcer :
-Est-ce que tu m'aimes Tom ?

Un instant de silence passa avant que Tom n'éclate de rire.
-Ce n'est que ça ?! Oh Sash ! Tu m'as fait peur ! Tu le sais bien que je t'aime ! Allez, viens-là. Et Tom voulut capturer les lèvres de celle qu'il appelait 'Sash' mais elle détourna son visage.
-Non, je ne le sais pas. Justement. Tom... le supplia-t-elle presque.
Tom vit les yeux de Sasha briller étrangement et commença à paniquer face à cette étrange situation. Il se releva et attendit que Sasha se relève aussi pour s'asseoir face à lui. Une distance s'était instantanément creusée entre eux. Elle n'était plus sur ses genoux, ni sous lui à profiter de doux baisers, mais bien à l'extrémité que lui permettait le grand fauteuil.
-Je ne comprends pas, articula Tom. Je t'aime Sasha, tu le sais et je te le dis...
-Tom. La première chose que tu me dis en me voyant c'est que je t'ai manqué. Manqué Tom. Rien d'autre. C'est quoi qui te manque ? Mon corps ? Ma voix ? Mon odeur. Ca doit forcément être quelque chose d'autre que mon corps en fait, pour que tu ne me dises pas que tu m'aimes et... que...
Sa voix se brisa. Elle fut secouée d'un sanglot. Tom tendit sa main vers elle pour la cajoler, la rassurer, la toucher, mais elle repoussa sa main d'un geste. Elle reprit la parole sous les yeux ébahis et surpris de Tom : Pourquoi tu ne me fais pas l'amour ?
Tom pris sous le coup de la surprise déglutit difficilement, et Sasha interpréta mal sa réaction.
-Bien. On n'a rien à faire ensemble si en plus de mon c½ur, tu ne veux pas de mon corps.
Sasha se leva et fit quelques pas en direction de son sac posé près de la commode. Tom n'avait toujours pas réagi. Sasha, brisée de voir à quel point elle ne faisait décidemment aucun effet à celui qu'elle pensait être son compagnon rajouta quand même encore :
-Parce que... si tu penses qu'en me trompant, derrière mon dos, je ne m'en rendrais jamais compte... c'était te fourrer le doigt dans l'½il, Tom. Le monde entier sait que tu couches par ci par là. Mais moi, moi... je n'ai pas le droit de savoir que tu pourrais coucher avec moi ? Avec moi et personne d'autre ? Tom, c'était salaud. C'est salaud. Me faire croire... me faire croire que... que tu me désires mais que tu voudrais que ce soit beau pour nous deux. Donc on attend sagement comme deux collégiens... Alors qu'en même temps, tu t'envoies en l'air avec je ne sais quelle fille ?
Tom se releva d'un bond et se dirigea vers Sasha.
-Parce que sous prétexte qu'on ne couche pas ensemble, je couche ailleurs ? Depuis quand tu crois les rumeurs ? Depuis quand... Depuis quand tu ne me fais plus confiance. Dis moi ? Dis- moi que je sache depuis combien de temps tu fais semblant de croire et d'apprécier mes baisers et caresses ?
-Ne remets pas la faute sur moi ! Oh, Tom, tu es doué pour ça sans doute avec les autres, mais ça ne marchera pas avec moi. C'est toi et toi seul qui as imposé cette limite. C'est toi qui par un beau jour m'as dit « Non ». Tu te rends compte du refus et rejet que j'ai pu éprouver à ce moment-là ? Qu'est ce qui ne va pas chez moi ? Qu'est ce qui ne te plait pas chez moi et qui ne te donne pas envie d'aller plus loin ? Hein, Tom, dis moi depuis combien de temps, toi tu me mens ?
-Parce que ne pas coucher pour toi, rime automatiquement à ne pas désirer ?
-Oui Tom. Oui. J'aurais voulu que tu me désires tellement fort. Tellement pour oublier ta règle à la noix et pouvoir m'offrir les étoiles. J'aurais voulu passer à un stade plus sérieux. Plus adulte peut-être qui m'aurait fait penser que toi et moi, c'était plus qu'une histoire de petits câlins niais ...
-Tu veux une histoire de cul en fait ?
-T'es vraiment con à la fin ?
Le ton montait. Aucun des deux ne s'en rendait compte. Ils se perdaient. Ils s'éloignaient. Et pourtant, ils gravitaient l'un autour de l'autre, cherchant la faille qui les fera se réunir. J'aurais voulu qu'on passe aux choses plus sérieuses. J'aurais voulu te sentir en moi. Savoir alors que tu me désirais. Que tu me voulais. Et que je pouvais te faire plaisir Tom. J'aurais voulu que tu m'aimes. Que tu m'aimes comme jamais. Comme jamais je n'aurais pu le soupçonner. Mais je n'ai fait qu'attendre. Que t'attendre. Ma vie se résume à t'attendre. A guetter un coup de téléphone, une date, une heure. Et puis... je ne vis plus que pour ça. Je n'attends plus que ça. Je m'impatiente toujours de te voir ouvrir cette porte. Te sauter au cou. Et combien de fois n'ai-je pas rêvé que tu me portes au lit et que ce lit soit le témoin de nos ébats ? De notre amour, Tom. Tout ce que je voulais, c'est que tu m'aimes. Mais tu ne m'as jamais qu'adorer. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Tu t'es rendu compte que tu ne m'aimais pas assez pour me faire l'amour ? C'est ça ? Alors tu préfères tirer un coup à gauche, à droite ? Mais pourquoi tu te permets de les toucher là où tu m'évites alors que tu dois certainement moins les apprécier que moi ? J'ai... quelque chose qui cloche ? Sasha était en larmes à présent. Et Tom tremblait, les yeux brillants dangereusement lui aussi.
-Tu ne comprends rien. Tu n'as rien compris Sasha.
-Alors... Explique-moi, Tom. Explique- moi pourquoi... pourquoi toi et moi, on ne fait pas un ?
-Pardonne-moi, Sash. Pardonne moi... J'ai... je pensais que c'était ce qu'il fallait faire.
Il déglutit et lança un regard à Sasha qui regardait le sol, tremblante. Dès la minute où je t'ai vu, j'ai su que tu étais différente des autres. Je voulais que notre relation soit différente. Je voulais quelque chose qui te distingue de toutes les autres. Tu mérites tellement mieux Sash. Je ne suis pas assez présent pour toi. Et si tu savais comme ça me ronge de ne pas savoir ce que tu fais, ce à quoi tu penses, ce que tu regardes parfois... Je me surprends à penser très égoïstement. J'aimerais que tes yeux ne regardent que moi, Sasha... Mais je n'en sais rien de tout ça... Tu as une vie en dehors de cette chambre d'hôtel. Tu as des amis. Et je suis fou de jalousie... de ne pas pouvoir te toucher et te voir comme le font tous les jours tes amis.
-Tom...
-Non. Tais-toi, Sash. C'est à moi de parler. Tu as assez dit de bêtises pour l'éternité là.
Tu te souviens comme j'ai dû faire des pieds et des mains pour que David accepte que désormais... je veuille me fixer avec quelqu'un ? Jamais auparavant, je n'avais eu cette idée. Et je ne regrette ça pour rien au monde. C'est toi, Sasha. C'est toi que j'aime. Toi. Uniquement toi. Sasha... ne m'en veux pas de vouloir te rendre heureuse. Ne m'en veux pas d'avoir voulu agir différemment pour une fois. Tu sais que je ne suis pas un vrai Don Juan, mais c'est vrai que j'ai eu plusieurs aventures sans lendemain. Mais avec toi, j'ai envie de me réveiller à tes côtés jour après jour. Je ne veux pas... que tu penses que je t'utilise pour assouvir mes pulsions ou quoi que ce soit.
-Tom, je...
-Laisse-moi parler, Sasha.

-Fais-moi taire, dit calmement Sasha. Sa voix était suave, envoûtante et Tom se perdit dans le regard de Sasha. Il leva un sourcil signe de perplexité et d'incompréhension.
-Embrasse-moi Tom, ordonna Sasha.

Lentement, alors, il s'approche d'elle, il passe une main sur sa nuque la caressant doucement. Il pencha son visage vers celui qui l'envoûtait et posa délicatement ses lèvres sur celles de sa partenaire. Sasha ne se fit pas prier et se colla au corps de Tom, approfondissant le baiser. Très vite, il s'enflamma. Leurs lèvres se cherchaient et leurs langues se livraient à un véritable combat sensuel. Ce fut Tom qui mit un terme au baiser fougueusement passionné. Sous l'air paniqué de Sasha, il ajouta :
-Je veux bien te faire taire de cette manière, mais je ne me pardonnerai pas si j'en venais à t'étouffer.
Sasha éclata de rire de son petit rire cristallin. Cette douce mélodie inonda la pièce et embaumait le c½ur de Tom. Qu'elle était belle sa Sasha. Elle se mit à rougir face au regard insistant du jeune homme. Il était bien trop aguicheur. Tom se passa la langue sur les lèvres comme pour capturer le parfum, la sensation des lèvres de Sasha.

-Tom, demanda néanmoins sérieusement Sasha, que faisais-tu le soir du 21 juin ?
Le silence s'installa quelques secondes avant que Tom ne réponde :
-Tu t'es mise en tête cette fichue rumeur ? Pauvre fille que celle qui n'a rien trouvé de mieux que d'appeler une station radio pour se ridiculiser. Mais Sasha... souviens-toi... Ce soir-là, j'étais au téléphone avec toi à défaut d'être à tes côtés. Et Dieu sait combien la compagnie d'un téléphone m'agace parfois... Quand je pense que je pourrais t'avoir réellement. Et pas cette infâme copie de ta voix.
-C'est... c'est vrai ?
Balbutia-t-elle.
-Bien sûr, ta voix est tellement plus douce mais la technologie ne...
-Non
, le coupa-t-elle, tu... tu étais seul dans ta chambre ce soir-là ?
-Comme tous les soirs que je ne passe pas avec toi ou Bill. Mais rassure-toi, même si j'aime beaucoup Bill, sa compagnie ne vaut pas la tienne. Tu comprends, je ne peux pas faire la même chose avec lui qu'avec toi...
Le c½ur de Sasha perdit le poids qui le comprimait. Son c½ur s'était transformé en bulle de savon. Léger. Et s'élevant dans les airs gaiement. Ses yeux se mirent à briller de joie. Et un voile coquin s'installa dans son regard.
-Dis-moi Tom... qu'est ce que tu ne peux pas faire avec ton frère ?
-Je ne peux pas...
commença-t-il sur un ton aguicheur tout en s'approchant dangereusement d'elle comme un félin de sa proie, à Bill... je ne peux pas lui...ébouriffer les cheveux ! Il ajouta le geste à la parole et ébouriffa les longs cheveux bruns de Sasha. Celle-ci recula et protesta d'être ainsi décoiffée et surtout ne pas être prise au sérieuse par son petit farceur.
-Tom, bouda-t-elle. Elle se munit de sa mine la plus boudeuse qui soit, mais aussi c'était la moue qui faisait toujours craquer Tom. Ou n'importe qui d'ailleurs.
-Ca aussi, susurra-t-il tout en capturant les lèvres de la jeune fille. Il mordilla gentiment ses lèvres tout en rajoutant : Ca, je ne pourrai jamais le faire avec Bill. Ensuite il pressa plus fort ses lèvres contre celles de sa partenaire. Sa langue venant titiller les lèvres et se frayer un passage afin de retrouver sa semblable. Sasha se sentit fondre et avait du mal à tenir sur ses jambes tremblantes. Tom passa ses bras autour de sa taille, la soutenant. Ensuite, toujours dans les bras l'un de l'autre, Tom la dirigea contre le mur de la chambre, il se plaqua contre elle. La tenant prisonnière de son baiser. Elle avait l'air de ne pas vouloir s'en échapper. C'était trop bon. Les mains de Tom parcoururent avec envie le corps de Sasha. Cette dernière récupéra ses lèvres et inspira profondément récupérant son souffle. Tom continuait d'embrasser son visage de doux baisers.

-Tom, gémit-elle.
-Tu sais, murmura Tom sensuellement dans son oreille, j'ai envie de toi... Et ça je t'assure... Bill n'a jamais bénéficié d'un tel traitement de faveur. Tom continuait de caresser, de toucher son corps, Sasha tout en entier. Mais ce n'était hélas pas suffisant. Trop de tissus le séparait de sa peau douce et nue. De sa main droite, il fit remonter le T-shirt de Sasha et fit courir ses doigts sur son ventre. Sasha tenta de l'arrêter et de chasser les mains se baladant sur sa peau.
-Tom... ne... ne fais rien que tu n'aies pas envie de faire. Je... J'ai dit ça, mais je ne veux pas que tu te forces ou... Juste, tu vois... pour me faire taire, en fait. Dit timidement Sasha.
Tom ne s'arrêta pas de parsemer de baisers le visage de Sasha. Il s'attaquait même à la débarrasser franchement de tous ses vêtements. Il était à genoux devant elle, déboutonnant le bouton de son jeans. Aux paroles de Sasha, il planta son regard dans le sien, se releva et souleva Sasha habilement. Il se dirigea alors à tâtons vers le grand lit trônant au milieu de la chambre. Il posa délicatement Sasha sur les couvertures et Tom vint se positionner au dessus d'elle s'appuyant sur ses mains placées aux côtés du visage de la jeune fille. Il prit alors enfin la parole.

-Ce que je vais faire là, n'engage rien que ma volonté, mon désir et mon amour pour toi. Alors Sash, si tu n'es pas prête ou que tu n'en aies pas envie, je comprendrais... Et je t'attendrai.
-Tom
, cria presque celle qui sur ce lit avait un mal fou à contrôler sa respiration due à l'excitation, si tu t'avises d'attendre une minute de plus, je te jure que c'est moi qui prends les commandes, et je serai sans doute moins patiente que toi là. Tom. Je te veux. Maintenant. Alors...
Il la fit taire en enfonçant sa langue dans sa bouche. Moyen pour le moins efficace de la faire taire. Elle en oublia instantanément tout ce qu'elle avait bien voulu lui dire l'instant précédent. Ses mains à elle se perdirent dans l'enchevêtrement de ses T-shirts et ne désiraient plus qu'à le débarrasser de tout ce superflu de textiles. Leurs lèvres et langues ne se détachèrent et se délièrent que pour se débarrasser de leurs vêtements.

Très vite, ils se retrouvèrent tous deux en tenue d'Adam et d'Eve. Ils ne furent pas le moins du monde gênés. La nuit promettait d'être longue et courte à la fois. Mais sans aucun doute, cette nuit sera la leur. Cette nuit qu'il lui avait promise. Inoubliable. Différente. Et combien forte en intensité d'amour à jamais inégalé.

C'est une jeune fille éperdument amoureuse d'une étoile. C'est un jeune homme totalement épris d'un ange. Ensemble, ils se sont crées un monde fort, puissant et seulement dicté par l'amour. Les étoiles brillent. La lune est à portée de baisers. Les anges se reflètent dans leurs paroles. Ils s'aiment. Et rien ne peut venir ébranler ce ciel seulement chargé de nuages de bonheur.



Hello... Je suis désolée du manque de suite pour Katia.
J'ai parfois des passages à vide où écrire et continuer la fiction m'est pas facile. Je suis en plein dedans-là. Désolée. J'essaye de me remettre dans le bain au plus vite.
Et puis, demain je reprends les cours.
Excusez le manque encore une fois. C'est nul de ma part x(

# Posted on Monday, 26 January 2009 at 8:58 AM

Edited on Monday, 26 January 2009 at 9:58 AM

Fic 2 (suite) XXXIX

Fic 2 (suite) XXXIX
Pov Tom.
Jamais je n'avais pensé que moi Tom Kaulitz je coucherai un jour quelqu'un. Non pas coucher avec quelqu'un, ça ... on peut dire qu'aujourd'hui j'en ai vu de toutes les couleurs. Assez pour écrire un livre là-dessus. Mais ça reste tout de même privé. J'ai beau me vanter... j'ai aussi ma fierté. Par coucher, j'entends le fait qu'un parent, par exemple prend son enfant d'amour dans les bras, le berce quelques instants l'embrasse avec tout l'amour dont il éprouve pour ce petit être et l'allonge sur son petit lit le plus doucement possible. Il lui chante une petite berceuse. Il reste à ses côtés quelques instants, oubliant le temps. Il s'émerveille devant son enfant. Pas parce qu'il est fier d'en être le géniteur, non, parce que rien qu'à lui seul, ce petit bébé est une attache, un aimant qui déjà au bout de ses quelques jours d'existence représente le monde entier pour le parent. Je me suis un peu égaré. Mais voilà l'image que l'on a d'un parent aimant son bébé et faisant tout un cinéma durant des heures pour le coucher.
Moi, je n'ai jamais pensé à avoir des enfants. Je n'en veux pas. Alors, quand j'ai vu Katia s'endormir face à moi, je ne savais pas quoi faire. Devais-je la réveiller, la secouer, lui hurler dessus, la faire bouger, ou tout simplement, la laisser dormir, la soulever et la coucher dans son lit ? Le choix est vite fait. Elle avait cet air paisible que l'on aborde lorsqu'on est endormi. Je n'étais pas un monstre pour la réveiller, la brusquer. Je ne suis pas ce qu'elle croit. Je tiens à elle bien plus qu'elle ne puisse l'imaginer. Je redoutais néanmoins ma force. Arriverais-je à la porter jusqu'à la chambre ? Me cacher sous des vêtements XXL ne résout pas le fait que je sois plutôt la peau sur les os. Moins que Bill mais tout de même. Et puis, un coup d'½il sur son corps mince, élancé et si peu couvert en cette nuit, je réalisai que ça ne sera pas trop compliqué de la soulever. En parlant de sa tenue, j'ai faillit m'étouffer lorsque je l'ai vu apparaître dans la cuisine. J'ai dû me retenir de lui sauter dessus. Ca ne se fait pas bien sûr. Et encore moins venant de ma part. Mais bon Dieu ! Comment ai-je fait pour garder mon sang froid et ne pas rester les yeux scotchés sur elle, son corps, sa petite moue du visage, à la fois ravie et déçue de me voir là ? Je ne sais pas. Et je ne sais si j'en serai capable une seconde fois. J'ai dû l'effrayer d'ailleurs. C'est à peine si je lui parlais comme un homme se doit de parler à une femme. J'étais froid, distant. Mais je dois agir comme ça. Je dois tout faire pour la dégoûter de moi. Et puis elle s'est assise en face de moi. Et j'ai voulu la rejoindre, passer mon bras autour de sa taille et la serrer contre moi. Et ne jamais la lâcher. Pourtant, nous en sommes venus à parler de Bill et ses ronflements. Dévier sur Bill me fit reprendre conscience de mon rôle à tenir. Bill passait avant moi. Je me forçai alors à n'occuper mes yeux qu'avec mon écran. La tâche fut difficile. Mais je fus assez convaincant. Elle s'endormit sur la table et c'est ainsi que je dûs pour la première fois aller coucher quelqu'un. Avoir Katia contre moi, à nouveau me fit mal. Pas dans le sens premier du terme dans le sens où elle est lourde et que mon corps ne supporte pas ce poids. Au contraire, elle était légère comme une plume. Mais la toucher. Sentir son parfum. Ca brûle encore mes doigts. Mes sens ont été chamboulés. Je ne désirais plus que la porter pour l'éternité. Me nourrir de son odeur. Boire de sa présence. Et vivre à ses côtés. Seulement... ce n'est pas comme ça que cela se passera. Parce qu'il y a Bill. Que Bill compte plus que tout pour moi. Et que je veux son bonheur avant le mien.
Ensuite, j'ai posé Katia sur mon lit. Je n'avais plus qu'une seule envie, me glisser sous les couvertures avec elle. Seulement pour être à ses côtés. La savoir près de moi, la sentir, l'aimer ouvertement. Mais il y avait Bill un peu plus loin. Ce serait indécent. Et tout à fait déplacé.
J'ai posé mes lèvres sur son front. J'ai savouré cet instant. Puis, dans le noir, je me suis reculé prêt à partir de la chambre lorsque je l'entendis murmurer : Tom... J'ai besoin de toi.
N'avais-je pas rêvé ? L'avais-je bien entendu ? Ma petite fée prononcer mon prénom? Et puis... prétendre avoir besoin de moi. Ma Katia... Sais-tu à quel point les rôles sont inversés? C'est moi. Moi et moi seul qui ai tant besoin de toi. Toi, tu verras... tu sauras t'adapter à d'autres que moi. Et tu m'étaleras ton bonheur en pleine figure. Souris, aime la vie. Et déteste moi. Pourris-moi ma vie en réussissant la tienne. Sois celle que tout le monde envie, moi j'envierai l'homme qui te possédera. Mais je ne ferai rien pour te récupérer. Parce que ta vie est avec un autre. Un autre que moi. Bill. Bill serait parfait pour toi. Et puis, je pourrai me réconforter en me disant que lui et moi, on est pareil. Tu as seulement choisi le meilleur des deux. Je me suis reculé encore dans le noir, la porte était derrière moi, et je suis sorti. Mais mon c½ur, Katia, il est resté à tes pieds. A sa place.

Retour à Katia.
Ma nuit fut courte. Et mouvementée. Dormir dans un bus en mouvement n'est pas toujours une mince affaire. Je me levai un peu déboussolée. N'avais-je pas rêvé ? Je ne me souviens pas m'être recouchée dans le lit. C'est étrange. Je me souviens, j'étais dans la petite cuisine avec Tom. Et puis... plus rien. Quoi qu'il en soit, on ne devrait plus tarder à arriver je crois. Et il faudrait bien que je passe à la salle de bain pour me préparer. Je jette un ½il sur la couchette de Bill. Elle est vide. Je suis un peu gênée en pensant que peut-être je suis la dernière à me réveiller. Je passe dans la mini salle de bain et me prépare rapidement. Enfin prête, je me dirige vers la petite cuisine. Croyant être la dernière à me lever, je fus surprise de n'y retrouver que Bill et Gustav. Tom et Georg dormaient-ils encore ? Est-ce que Tom avait réussi d'ailleurs à s'endormir ? Je chassai cette pensée rapidement et fit la bise à Gustav et Bill. Je m'installai ensuite aux côtés de ce dernier. Il se retourna vers moi et me demanda si j'avais passé une bonne nuit. Je rigolai légèrement et lui avouai qu'il avait un petit peu ronfler.
-Mais ce n'est rien. J'ai réussi à m'endormir très vite après.
Juste un petit mensonge de rien du tout. Il était gêné et il se triturait les doigts.
-Oh. Désolé Katia ! Ca n'arrive pas souvent... mais... Tu dois être dégoûté de moi, maintenant. Je suis certain que tu aurais préféré passer la nuit sur le canapé à la place.
-Mais non bêta ! J'ai très bien dormi. Et je ne t'avais pas aussi prévenu que je ronflais parfois ?

Il bafouilla alors :
-Ouais, mais je devais tellement faire de bruit, qu'on a dû n'entendre que moi...
Pour le rassurer et le faire moins culpabiliser d'une chose pour laquelle il n'y était pas pour grand-chose, je le pris dans mes bras. Un câlin, si vous voulez. Il me prit à son tour dans ses bras. Je sentis ses mains me caresser le dos. Et je fus agréablement surprise d'apprécier son geste.
Gustav toussota légèrement. Je me détachai alors de Bill mais celui-ci garda ma main dans la sienne sous la table. Tom se trouvait à l'embrasure de la porte. J'étais certaine qu'il avait vu la scène et je fus surprise de le voir sourire.
-Salut ! Lança-t-il sur un ton enjouer. Il se dirigea alors vers une armoire et en tira un bol et des céréales dans une autre armoire. Il s'assit alors comme si de rien n'était en face de nous. Bill tenait toujours ma main, il me la caressa même de ses longs et fins doigts. Je rougis. J'étais gênée face à Tom. Mais étrangement, je ne voulais pas non plus récupérer ma main.
-Tu as réussi à dormir, Tom ? Demanda Bill à son frère.
-Comme un bébé. Je n'ai pas ouvert l'½il de la nuit. On s'y habitue en fait, au fauteuil. Il suffit de trouver la bonne position.
Je tiquai à cette affirmation. Je n'avais tout de même pas rêvé cette nuit ? Tom était là, il y a quelques heures, éveillé avec moi. Je ne cherchai pas à creuser pour savoir pourquoi il mentait. Je dus refuser à Bill une tartine comme petit déjeuner.
-Non merci, je n'ai pas faim, prétextai-je.
Bill n'insista pas et ils se mirent à manger.
-Et Georg, demandai-je ?
-La marmotte dort encore. Un petit conseil, ne le regardes pas quand il se réveillera. Il déteste qu'on l'admire de si grand matin... Bill s'esclaffa. Je ne saisis pas vraiment la blague mais je souris légèrement. Bill n'était pas maquillé, ses cheveux étaient dans un état que je jugeais naturel et tout cela lui donnait un certain charme. Je le détaillai pendant quelques minutes lorsqu'à nouveau Gustav toussota. Il s'adressa à moi :
-Je peux te parler une minute ?
Surpris les jumeaux regardèrent perplexes Gustav.
-Bien sûr, répondis-je. Je me levai alors et suivis Gustav dans une pièce annexe. Le 'salon'.
J'entendis derrière moi la réflexion que Tom fit à son frère comme quoi la relation entre Bill et moi s'était améliorée. Bill approuva. Ensuite, je n'entendis plus rien et je regardai Gustav.
-Alors, de quoi voulais-tu me parler ?
-Heu, c'est assez gênant... mais je voulais te demander... si... Est-ce que c'est dépassé ou ringard d'offrir des fleurs ? C'est pour... Angie...
-Bien sûr que non que ce n'est pas ringard ! Le fait d'offrir des fleurs se perd un peu de nos jours, mais justement, je trouve ça très bien si tu lui en offres. Et puis, elle sera touchée. Non c'est une bonne idée. Je craquerai complètement pour celui qui m'offrirait un joli bouquet de fleurs...
dis-je rêveusement.
-Et... tu ne penses pas que c'est un peu tôt ? Je veux dire... elle risque d'être effrayée et croire que... que... je sais pas. Que je la demande en mariage ? Demanda-t-il gêné.
-Fleur ne rime pas avec mariage, Gustav. Je suis sûre qu'elle sera très touchée et qu'elle te sautera au cou, si je peux me permettre. Ne t'en fais pas. Mais, tu me promets ... de tout me raconter après ?
-Katia !
, rougit-il.
-Bah quoi, fis-je innocemment, je ne fais que t'aider, tu me dois bien ça. Je lui souris largement et il craqua.
-Ok. Je te raconterai ce qui pourra être raconté. Mais à toi de me promettre de ne pas te moquer et de rien dire aux autres ? Je ne veux pas qu'on me taquine à ce sujet...
-Pas de problème, Gusti
!! Je le serrai dans mes bras.
-Et toi, s'enquit-il, tu en es où avec Tom ?
Ma gorge se serra.
-Nul part. Ecoute, je ne veux vraiment pas en parler pour l'instant. Mais... ça va. Je... c'est pas grave en fait. Ce n'est pas comme si je ne m'y attendais pas. Tu m'avais prévenu. Et... c'est mon problème.
-Ok
, fit-il néanmoins soucieux. Et... avec Bill ?
-Bill ? Hé bien...mis à part qu'il est bruyant la nuit, je crois que je m'entends de mieux en mieux avec lui. C'est marrant...mais quand je m'entends bien avec l'un... avec l'autre c'est la guerre. Pourquoi... on ne peut pas être en harmonie tous les trois ?

Gustav murmura alors quelque chose comme « triangle amoureux ».
Je ne relevai pas.
Gustav me demanda alors de lui promettre d'aller lui parler au cas où ça n'irait pas.
Gustav... véritable ami poule. Les gens attentionnés comme lui sont rares et précieux de nos jours. C'était la première fois que l'on me portait tant d'intérêts que dans un but strictement amical. Sans aucune ambiguïté. Et cela faisait du bien de savoir que l'on pouvait plaire autrement qu'avec son corps. Parce que niveau physique... c'était à revoir.

Bill vint nous rejoindre au salon en passant préalablement timidement sa petite tête par l'embrasure de la porte.
- Je ne vous dérange pas, j'espère ? Demanda-t-il timidement et avec une légère appréhension dans la voix.
-Non, non bien sûr que non Bill. Viens. L'invitai-je à nous rejoindre.
Il entra en lançant un regard suspicieux à Gustav. Le soupçonnait-il d'avoir une quelconque relation avec moi ? En même temps, il n'a pas tort de se méfier de l'attrait qu'aurait pu avoir Gustav sur moi. C'est vrai... Celui-ci n'est vraiment pas mal foutu. Et puis, il a vraiment un c½ur en or. Il m'aurait plu, je crois, et j'aurais été jalouse d'Angela si l'on avait été dans un autre contexte. Si je n'étais tout simplement pas attirée par quelqu'un d'autre. Peut-être qu'alors... Gustav aurait bien pu emporter le premier prix. Mais les soupçons de Bill sont dirigés vers la mauvaise personne car cette place est déjà prise. Par un abruti. Un de ces bourreaux du c½ur. Un de ceux qui viennent, qui vous éblouissent d'un de ces sourires de publicité, et qui vous pillent. Sans aucun remord. A vous d'en ramasser vous-même les restes. Ou rester là, à se morfondre et faire plus pitié que jadis. Non... Ca ne sera pas mon cas. Il a déjà assez piétiné mon c½ur. Car oui, j'en ai un. Etonnant. Vous n'auriez jamais cru son existence auparavant pas vrai ? Et oh ! Surprise... Des battements de c½urs résonnent dans mon corps. Défaut de fabrication sans doute ? Non, chacun d'entre nous, aussi étrange que cela puisse paraître, possède un c½ur, une sorte de petit boîtier mécanique pour parler imagé qui fait fonctionner le corps. Et l'homme se définit entre autre par sa capacité à éprouver des sentiments. Et j'en ai. Ces putains de sentiments qui vous prennent aux tripes. Qui vous font tourner en bourrique. Qui vous promettent le ciel, les étoiles, la lune, le bonheur. Mais on récolte bien souvent que les gros nuages chargés de pluie, le vide, le refus, le rejet, la déception. Et on tombe de haut. Et on cherche à savoir pourquoi. Pourquoi le bonheur, la joie, l'amour nous évitent ainsi ? Mais pourquoi chercher quand la réponse se trouve n'être que vous-même ? Vous savez, l'image, l'assurance que je peux dégager n'est qu'une impression. Une sorte de barrière pour empêcher quiconque de creuser et de me mettre à nue. Parce que quoi de plus dégradant que de se montrer vulnérable à l'autre ? Tel que l'on est réellement. Je ne veux pas que l'on me connaisse telle que je le suis vraiment. Je n'en vaux pas la peine. Et personne ne s'intéresserait à moi. Je n'ai rien à donner. Rien à partager. Je ne suis pas grand-chose. Une jolie paire de jambes. Une belle poitrine. Pas imposante. Pas invisible non plus. Des cheveux faciles à vivre. Un visage plutôt agréable. Mais une âme pourrie. Et un caractère insupportable. Du moins le caractère public. Le reste, c'est ma vie privée. Tellement privé, que j'en ai perdu l'essence. J'aurai aimé... avoir une autre vie. Les filles m'envient. Elles veulent être belles, jolies, célèbres, mannequins. Mais les filles comme moi, nous les envions elles. Ces filles simples. Très jolies aussi. Naturelles. Inconnues. Mais reconnues par leurs amis. Moi, je suis reconnue pour quoi ? Pour ma paire de fesses, mon regard de braise, mes vêtements de luxe, mes sponsors, pour ce que je ne suis pas. Et personne ne m'apprécie. On me déteste un peu dans le milieu. Dans ce monde, c'est le royaume des requins. Mords l'autre avant de te faire bouffer. C'est une des règles. Une autre bien connue? Sois belle et tais-toi. Encore ? Ne manges pas, mais fais en sorte de tenir sur tes talons aiguilles. Ou la réciproque : si tu manges, n'oublies pas de vomir ensuite.
C'est cru, hein ? C'est vil. C'est le monde de la mode. Le monde des strass et des paillettes. Mais on oublie de dire que parfois, les étoiles... elles pleurent. Mais, dites-moi, vous n'avez jamais vu une étoile pleurer? Elles filent, rendues invisibles par les lumières ou les nuages ou encore, parfois elles s'éteignent. Mais pleurer ? Jamais une étoile n'a été reconnue par ses pleurs. Une étoile ne pleure pas en public. Voilà pourquoi tout le monde me croit insensible. Parce qu'on ne m'a jamais vu pleuré. C'est tout ce qui me reste de ma fierté.

Bill et Gustav étaient en plein dans une conversation qui concernait sans doute la musique. J'étais absente mentalement. J'étais ailleurs. A milles lieues de ce bus qui roulait à vive allure direction notre pays natal, l'Allemagne. On me déposera à Berlin, et je serai rejointe par Peat. L'assistant manager de ma mère. Ou mon deuxième manager tout simplement.
Je n'avais pas vu que Tom nous avait rejoint dans le salon. De toute façon, cela n'aurait rien changé. J'aurai simplement ressenti une petite pique de plus au c½ur. C'est seulement quand Gustav s'est levé annonçant qu'il allait réveiller la marmotte que je revins à moi et que je remarquai alors que j'étais seule avec les jumeaux. Ils parlaient à deux, sans faire attention à moi. Seulement, de temps en temps, Bill me lançait des regards furtifs. Tom, m'ignorait royalement.
-Andréas t'a dit qu'il passerait chez nous ? Demanda Bill à Tom.
-Oui, oui. Il m'a dit. Il voulait rester 2-3 jours chez nous, mais il a une sorte de présentation importante à faire et il doit encore travailler dessus. Il passera sûrement qu'une nuit avec nous.
-Oh
,
geignit Bill, déjà qu'on ne le voit pas beaucoup... Il ne pourrait pas faire l'impasse sur son exposé machin ?
-Bill,
s'exaspéra légèrement Tom, c'est son avenir qui se joue là. Comme nous, à chaque fois qu'on doit écourter nos vacances parce qu'on a ci ou ça à faire ailleurs.
-Ouais, mais on est ses meilleurs amis ! Il pourrait faire un effort.
-Bill ! Arrête de tout prendre pour acquis. Ca l'embête vraiment de pas pouvoir rester plus longtemps avec nous, alors tu pourrais faire un effort dans ton égo de diva qui est toujours satisfait. On n'obtient pas toujours ce que l'on veut. On a déjà un peu de repos, profitons-en pleinement et ne lui en veux pas sous prétexte qu'il ne sera pas là pour te chouchouter comme tu aimes tant.

Je trouvai la conversation étrange. Pourquoi Tom s'emportait-il ainsi envers son frère ? Pourquoi le traitait-il de diva ? Je n'étais apparemment pas la seule à m'étonner de ceci car Bill lui fit la réflexion :
-Tom, t'exagères pas un peu en me traitant de diva égoïste ? Je trouvais juste dommage le fait qu'Andy ne soit pas disponible en même temps que nous le sommes. Et toi, tu me fais presque la morale. Tom ? Tu sais bien que...
-Ouais, je sais bien ! Mais n'empêches, je trouve que tu attends beaucoup de choses des autres. On doit tout faire pour toi. Tous être là pour toi. Mais le reste, tu t'en fiches un peu. Tout t'est toujours servi sur un plateau d'argent. Et tu trouves ça normal, tu ne t'en étonnes même plus !
-De quoi tu parles Tom ?
Bill avait l'air perdu. Autant que je l'étais. Et je me sentais vraiment de trop dans cette pièce. Georg m'avait vaguement dit un jour qu'il ne fallait jamais se trouver dans la même pièce que les jumeaux lorsqu'une dispute se déclenchait. Je comprends mieux maintenant pourquoi.
-Oh ! Et puis tant pis ! Laisse tomber, Bill. Tu peux pas comprendre.
Tom se leva et sortit de la pièce sans un mot de plus. Bill resta coi pendant quelques secondes avant de se lever à son tour et de suivre Tom me laissant complètement seule.
Enfin. Un peu de solitude ne tue pas. Mon regard glissa vers la fenêtre et je contemplai pendant quelques temps la route défiler sous mes yeux. Je pensais à ce qui allait m'arriver une fois arrivée et sortant de ce bus. Défilé, shootings, défilé, essai de vêtements, casting sans doute encore, interview et que sais-je encore. Je soupirai. Je n'étais vraiment plus motivée par mon boulot. Le mannequina se révèle vite épuisant et épouvantable au fil du temps. Arrive un moment, où l'on en peut plus. Seulement, on ne peut pas arrêter comme ça. Je suis sous contrat. Et puis en pleine ascension comme dit ma mère. Ma mère... celle qui malgré les apparences cherche à me rendre heureuse. Elle pense que cela me rend heureuse, et que c'est ce que je veux. Oui, mais c'était avant. Ma mère, celle qui malgré ses remarques, malgré tout ce qu'elle peut bien me faire subir, je l'aime. Je n'ai aucune envie de la décevoir. Elle croit en moi car elle n'a plus que moi en qui elle peut croire et avoir confiance. Elle n'est pas capable de grand-chose à part dicter ma vie et m'envoyer parader à droite à gauche pour tel ou tel grand nom de la grande couture. Elle ne fait que prolonger son désir, son rêve à travers moi. je suis sa fille. Je me dois de faire ce qu'elle me demande. Qu'adviendra-t-il de nous si j'arrêtais tout maintenant ? Franchement... je ne suis pas plus douée qu'elle. Juste un corps regardable. Appréciable. Sinon, aucune de nous deux n'avons jamais développé un intérêt quelconque pour autre chose que la mode. Le jour où j'arrête tout... c'est la vie et l'espoir de ma mère que j'éteindrai.
Je n'ai donc pas vraiment le choix. Allez, ne plaignez pas mon sort. Je ne demande pas ça. C'est quand même flatteur de se savoir admirer. Si seulement cela pouvait être pour quelque chose de plus gratifiant que seulement être belle.


Bon. Désolée pour ce retard immense et ce manque. Et cette nullité en fait.
J'écris parce que j'aime, que j'en ai besoin. Je sais bien, c'est pas parfait. Je ne cherche pas la perfection. Parce que je ne peux pas dire que franchement je suis douée. Je lis d'autres écrits, et après j'ai franchement honte de ce que je peux écrire, moi.
Mais je continue, parce que j'ai avant tout écrit pour moi. Avant, ça a commencé comme ça. Je ne peux pas égaler les autres. Je ne peux pas être mieux que les autres. Et je ne veux pas. Je n'ai pas la prétention pour tout ça.
C'est avant tout une histoire banale, ouais, mais j'y mets beaucoup de moi. C'est le principal. Pour moi. Du moins.
Un tout grand merci à celles qui me lisent quand même. Merci. <3

# Posted on Saturday, 31 January 2009 at 10:14 AM

Edited on Saturday, 31 January 2009 at 10:27 AM

Doucement, je ferme la porte derrière moi.

Doucement, je ferme la porte derrière moi.


En fait. Je pense de plus en plus à ne plus écrire.
C'est du bidon. C'est des mots assemblés à d'autres pour pas grand chose. C'est même pas bien écrit.
Ca n'a pas de sens. C'est une histoire comme une autre. Y en a des centaines sur le web. Et y en a des mieux.
Je pensais qu'écrire me faisait du bien. En fait, ce que j'écris en déchire plus d'un. Je ne suis bonne qu'à jeter.
Bonne à rien. Pardon. Ca ne remet pas en cause mon statut de fan. Y a des milliers de fans qui n'écrivent pas.
Je remets seulement en cause mon écriture. Et je la range sous le tapis.
Merci d'avoir suivi, un peu.Merci d'avoir été là. Merci à toutes.

Je reviendrai peut-êre plus tard.
Je vous préviendrai au cas où.

Merci à vous.
Désolée.

# Posted on Monday, 23 February 2009 at 5:56 AM

Edited on Saturday, 11 April 2009 at 8:50 AM

One Shot 19. Un automate.

One Shot 19. Un automate.
Automate.


Tu pensais vraiment pouvoir t'emparer de moi ? Tu pensais vraiment qu'avec quelques paroles lancées en l'air, quelques regards soutenus, j'allais entrer dans tes putains de filets ? J'ai failli, oui, j'ai failli tomber dans ton piège. Mais j'ai été forte. Je ne me suis pas laissé avoir. C'est peut-être pourquoi maintenant tu me cours après. Mais je vais te laisser courir. Je veux te faire perdre haleine. Je veux que tu t'épuises pour moi. Que tu n'en puisses plus. Que tu crèves pour moi ! Ouais, j'en rêverais. Je vais tout faire pour te rendre toujours un peu plus dingue. Te rendre complètement accro à moi. Dépendant de moi. Ce serait jouissif de te voir à mes pieds me supplier. Je ferai la sourde oreille, je te lancerai un de mes sourires dévastateurs et tu feras tout ce que je te demanderai. En échange, je te promettrai un petit baiser. Rien que l'idée de ce baiser t'émoustille. T'en rêve. T'en bave. Tu kifferais bien toucher ne serait-ce qu'un quart de secondes mes lèvres. Je te vois loucher sur mes lèvres quand je te parle, quand je te commande. Je t'ai vu aussi laisser guider tes yeux jusqu'à ma poitrine... Quoi ? Tu aimes ? C'est vraiment dommage, ils ne sont pas à toi. Rien n'est à toi. Il suffit que je prononce ton prénom pour que tu abandonnes toute activité qui t'occupait. Ah, ça rend dingue ta famille, tes amis, tes collègues. Mais tu n'as pas le choix. Tu leur explique que tu es obligé. Que c'est plus fort que toi. Que tu peux tout perdre si tu me perds. Mais bordel, tu ne penses même pas à ta carrière. Tu ne penses qu'à ton plaisir personnel. Et c'est ça qui me pousse à continuer encore plus loin mon plan machiavélique. T'avoir à mes pieds, t'avoir à mon service, te mener à la baguette, avoir ton c½ur dans mes mains. Et ce qui est drôle, c'est que ton c½ur, je pourrais le lancer en l'air, le rattraper, le lancer au loin, le faire tomber, l'écraser, tu ne bougerais pas. Parce que c'est justement moi qui manipule ton petit c½ur. Tu ne savais même pas que tu en avais un, de c½ur. Tu me l'as refusé. Et c'est ainsi que tu as découvert son existence. Moi, j'avais pour habitude d'avoir un c½ur, et je ne vivais que par lui. J'étais une de ces choses hyper sensibles et qui ne faisait rien de malhonnête. Grâce à toi, j'ai perdu mon c½ur. C'est peut-être toi qui as récupéré mes sentiments. Aujourd'hui, c'est toi qui souffre. Et c'est moi qui joue de toi. Ah ça fait mal d'aimer hein ? Tu vois ce que j'ai enduré, mais promis, je vais te faire bien plus mal. Je suis sadique, et j'assume pleinement. J'aime. J'aime te voir ainsi me demander pardon. Tu te sens coupable. Coupable de mon malheur. Mais te voir ainsi, ça me rend heureuse. Ca me soulage, ça me fait du bien. Tu vois, on aurait pu vivre une jolie histoire toi et moi. On aurait pu vivre une grande et folle histoire d'amour passionnée. On aurait pu s'aimer à l'infini, on aurait pu passer beaucoup de temps ensemble. Mais tu m'as refusé. Tu m'as empêché d'entrer dans ta vie, dans ton c½ur. Maintenant, j'ai forcé la barrière. Je dépasse toutes les limites. Je m'en fiche. Plus rien ne compte. Quitte à y laisser ma peau, rien ne m'arrêtera. Tu m'as fait perdre mon espoir. J'ai gagné une emprise sur toi de cette façon. Tu ne t'y attendais pas, hein ? Au moins autant que moi. Quand je me tiens devant toi, tu ne te rends pas compte que je ne suis là que physiquement. Psychologiquement, je suis loin. Très loin de toi. Quand je te souris, c'est seulement pour t'amadouer un peu plus. Quand je pleure, c'est uniquement pour te faire culpabiliser. Je ne ressens plus rien. Tu comprends, tout ça c'est de ta faute. Il n'y a pas de retour en arrière. A cause de toi, je suis devenue dénuée de sentiments, de bon sens, de pitié, de sensibilité, d'amour. Comme un automate, oui, si tu veux. Mais tu peux ne t'en prendre qu'à toi-même. Tu es l'unique responsable de ma triste transformation. Je ne suis plus. Et bientôt, toi non plus, tu ne seras plus.




Après une énorme et longue absence, je refais tout doucement surface, je crois. Excusez-moi.
Je ne sais pas encore si je vais reprendre ma petite Katia... Surement... Mais pas là maintenant tout de suite.
Est-ce que... c'est au moins, un peu, bien cet OS? Dites-moi... Après tout ce temps. Je ne sais plus ce que ça vaut. Merci.

# Posted on Wednesday, 14 October 2009 at 11:17 AM

Edited on Friday, 16 October 2009 at 5:03 PM